Le Québec aérospatial est à la recherche d'un projet mobilisateur.
Et peut-être aussi d'une sorte de Nagano de l'industrie
« Nous avons raison d'être très fiers de ce que nous avons réalisé, sauf que si nous continuons à faire pareil, on va se faire larguer complètement! » - Jacques Saada
Voilà un message clair. Notre journaliste, Gaëtan Lavoie s'est entretenu avec Jacques Saada, président de l'Association québécoise à la suite du deuxième congrès de I'AQA tenu l'automne dernier. Le thème vedette fut sans doute la transformation de la chaîne d'approvisionnement en aérospatiale.
Le Québec aérospatial sait ce qu'il veut, selon Philippe Hoste qui préside le Chantier Chaîne d'approvisionnement de la grappe Aéro Montréal. Nous l'avons rencontré. L'analyse de son équipe et le constat obligent à l'action quasi immédiate. Nous pouvions entendre une mouche voler lors de son intervention très remarquée.
« Évitons de saupoudrer partout et il y a urgence que l'on fédère nos efforts », nous a confié la coprésidente du congrès et de JMJ Aéronautique, Marie-Chantal Chassé.
Intégration, concertation, recommandations tout le monde à bord, collaboration, stratégies, diversifications des marchés perspectives, voilà les mots entendus les plus souvent lors du congrès de l’AQA. Il y flottait une ambiance de grande remise en question.
Celle-ci s'est accentuée lorsque le délégué général du Mexique sollicita la venue d'entreprises québécoises à Chihuahua. Là où se multiplient les fournisseurs et de grandes entreprises telles que Bombardier et Bell Helicopter. On a assisté à des échanges délicats, au cours desquels les représentants des donneurs d'ordres marchaient sur des œufs; au moment où les PME québécoises sont angoissées par l'avenir.
LE RISQUE DE DEBATTRE OUVERTEMENT
Jacques Saada assume le choix des thèmes du congrès. « Ou bien on se complaît dans l'autosatisfaction, ou on est lucide et l'on prend le risque de débattre ouvertement des véritables enjeux! II ne s'agit pas de peindre les choses en noir, mais les choses changent. Elles changent sur le plan de la concurrence mondiale et des relations entre les fournisseurs et les donneurs d'ordres. La culture de l'aérospatiale évolue. »
« Même si la croissance annuelle est de 9% depuis 25 ans dans l'aérospatiale québécoise, et même si Bombardier vend deux ou trois avions de plus, ne signifie pas que l'on renforce le tissu industriel », affirme monsieur Saada.
Voilà qui tranche avec un certain triomphalisme qu'on observe souvent dans cette industrie au Québec. Des certitudes tranquilles sont ébranlées. Et pour cause, on apprit plus tard que le Canada vient de passer au cinquième rang de performance de son industrie aérospatiale. L’Allemagne lui a ravi la quatrième place. Là-bas, les appuis gouvernementaux sont massifs. L'Allemagne comprend un grand nombre d'intégrateurs et plusieurs entreprises de plus de 1 000 employés.
Le bond Allemand renforce la volonté annoncée des Québécois de rebondir à leur tour en créant des intégrateurs costauds. Ca sentait le consensus lors du congrès. Sinon, les compétiteurs surgiront au Mexique, en Chine, en Russie ou ailleurs, avec tout ce que cela représente comme effet d'entraînement.
TOUT EST SUR LA TABLE
Toutes les options sont sur la table pour rendre possible l'apparition d'intégrateurs au Québec et pour renforcer nos entreprises, selon monsieur Saada. Tous les acteurs de l'aérospatiale bénéficient d'un rapport qui a exigé un an et demi de travail, un travail fouillé selon monsieur Saada.
« Les perspectives existent pour nos PME de l'aérospatiale. II faut savoir aller les chercher et les exploiter! Mais pour cela, dit-il, il va nous falloir de l'ouverture d'esprit à l'égard de la formule d'intégration, qu'elle soit endogène ou exogène. L'initiative devra venir du milieu industriel. Les constats sont faits et validés. Mais, ça suppose aussi une volonté gouvernementale de soutenir les projets! »
ÉVITER DE TRAVAILLER CHACUN DANS SON PETIT COIN
La force de notre secteur ne s'est pas construite par le fait du hasard, affirme le président de I'AQA. « Elle s'est construite parce que des gens ont décidé de la construire. Si vingt-cinq entreprises sont présentes dans les programmes du 380 d'Airbus, si nous sommes présents chez Boeing et un peu partout sur la planète, c'est parce que nous possédons des compétences! »
Le président de I'AQA et ancien ministre de l'Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec n'y va pas par quatre chemins. « Nous avons raison d'être très fiers de ce que nous avons réalisé jusqu'à présent, sauf que si nous continuons à faire pareil, on va se faire larguer complètement! Nous sommes à la croisée des chemins. Nous devons travailler ensemble et non chacun dans son petit coin! Nous devons trouver un projet mobilisateur. »
Le Québec aérospatial sait ce qu'il veut!
« Notre objectif consiste à solidifier notre chaîne d'approvisionnement aérospatial face à la concurrence internationale. II s'agit de développer la créativité des entreprises et de créer des intégrateurs. »
Au congrès de I'AQA, à certains moments, pendant le silence tranquille et parfois médusé de centaines de dirigeants, de chercheurs et décideurs venus entendre là où l’industrie aérospatiale québécoise, surtout la petite, devrait aller, une pensée se répandait : « Ca fait des années que l'on parle intégrations, d'achèvement, va-t-on aboutir? » Cette fois pourrait-elle être la bonne ? - Philippe Hoste
« Le Québec sait maintenant ce qu'il veut et ce qu'il doit faire en aérospatiale. Tous les joueurs sont autour de la table, l'industrie en premier lieu. Les donneurs d'ordres nous ont dit ce qu'ils voulaient. Les forums d'échanges sont là. On identifie les domaines prometteurs. Tout le monde va jouer. II s'agit d'une première. Et l'on n'est pas dans une situation où l'industrie ne demande que l'aide des gouvernements », affirme Philippe Hoste!
Qui s'entendra avec qui pour créer un ou plusieurs intégrateurs? Comment accepter de se fondre à une ou plusieurs entreprises ? Égos, niches, opportunités, profits, intérêts, survie, audaces, risques, souplesse; tout ça se discute pour créer des noyaux durs, sûrs et efficaces pour alimenter les grand constructeurs. L’équipe de chantier Montréal est composée de 21 membres de l'industrie, qui ont identifié les compétences clés, les meilleures pratiques. Gros travail pour cette équipe qui a constaté qu'il n'y a pas de coordination structurée des efforts dans l'industrie. Que l'on songe que 23 associations au Québec proposent des programmes aidant les PME de l'aérospatiale.
OPPORTUNITÉS ET URGENCE DE CRÉER DES INTÉGRATEURS AU QUÉBEC
Trains d'atterrissage, solution complète de l'interface pilote depuis le cockpit jusqu'aux pneus, « cabin management systems » et « in-flight entertainment », systèmes hydrauliques, voilà autant de créneaux prometteurs. On procède à l'identification d'entreprises locales qui possèdent le potentiel de devenir intégrateurs et équipementiers pour répondre aux besoins définis.
« Les donneurs d'ordres préfèrent développer des intégrateurs à partir des entreprises québécoises existantes. Pour un Pratt & Whitney ou un Bombardier, c'est plus facile!
Ces donneurs d'ordres nous ont donné l'heure juste, ils nous ont donné des pistes. Mais, des entreprises hors Québec pourraient s'établir au Québec en fonction des besoins définis. »
Éviter de saupoudrer partout
« Il faut être courageux dans les décisions » -Marie-Chantal Chassé
La présidente de JMJ Aéronautique, qui participe activement à la réflexion du Chantier Chaîne d’approvisionnement mentionne qu'ailleurs dans le monde, on a mis l'accent sur la fédération des efforts de manière très sophistiquée et les gouvernements ont investi.
« II y a urgence qu'on l'on fédère nos efforts. Cessons de saupoudrer. Envoyons un message clair aux gouvernements. II faut être courageux dans les décisions et l'application de ces décisions. II importe de maximiser le rendement des argents et les efforts consentis. Si l'on ne bouge pas, dans dix ans, dans quinze ans, l'on ne sera plus les quatrièmes et cinquièmes dans l'industrie aérospatiale, mais les quinzièmes et les seizièmes! »
Étendons nos tentacules en direction du monde, de conclure madame Chassé. « Le fait que l'on se concentre presque uniquement à satisfaire et alimenter les grands donneurs d’ordres du Québec depuis des années nous à peut-être desservis! »
Le message s'adresse aussi aux OEM c'est-à-dire l'ensemble des entreprises qui gravitent dans l'industrie aérospatiale et qui alimentent principalement les quatre grands donneurs d'ordres.
LE NAGANO AÉROSPATIAL
Outre la grande question de la création d'intégrateurs, un sondage mené dans la salle lors du congrès permet de prioriser les champs de préoccupation des entreprises. II s'agit de la gestion des opérations, les mesures de performances, l'amélioration continue, le marketing et le développement des affaires, les coûts et les risques.
Enfin, il faudra bien procéder à la mise en œuvre de stratégies pour faire suite au bilan de l'équipe de monsieur Hoste sur le renforcement de la chaîne d'approvisionnement en aérospatiale. II sera nécessaire de trouver un ou plusieurs catalyseurs, ou encore un chef d'orchestre pour jouer la grande symphonie de l'envolée nouvelle. Appelons ça un fédérateur en chef où encore un Nagano de l'industrie aérospatiale. Aéro Montréal serait, semble-t-il, en mesure de maintenir le tempo…
Sources: Magazine Plain Vol Décembre 2009
Membres du groupes Chantier Chaîne d'approvisionnement
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Président: Philippe Hoste, Sonaca Montréal |
- Sam Abdelmalek, Pratt & Whitney Canada
- François Chagnon
- Philippe Jean, Pratt & Whitney Canada
- Sylvain Larochelle, Pratt & Whitney Canada
- Claude Lauzon, CAE
- Jocelyn Lecomte, Bombardier Aéronautique
- Michael Mancuso, Bell Helicopter Textron Canada
- Corinne Rodriguez, Bell Helicopter Textron Canada
- Martin Brassard, Héroux-Devtek
- Guy Gauvin, Esterline CMC Électronique
- Emmanuel Maes
- Dario Pandini, Messier-Dowty
- Anne-Marie Bertrand, Mecaer
- Marie-Chantal Chassé, JMJ Aeronautics
- Éric Faucher, Marquez Transtech
- Serge Francoeur, Placeteco
- John Spencer, Metcor inc.
- Jacques Saada, AQA PME
- Normand Raymond, MDEIE
- Dominique Leroy, Industrie Canada
Sonaca NMF Canada invites the press at its Mirabel plant on October 11, 2007
SONACA NMF CANADA – RECIEVES QUEBEC AEROSPACE ASSOCIATION (QAA) ENTERPRISE OF THE YEAR AWARD FOR 2007
SONACA NMF CANADA OF MIRABEL – COMPANY’S SUCCESSFUL UPTURN IN QUEBEC’S AEROSPACE INDUSTRY
Client : Bombardier CRJ200
SONACA MONTREAL has provided Bombardier with wing panels for the CRJ200 since the launch of the aircraft, representing a volume of 21,600 panels.
Client : Embraer 190/195
We have reached a volume of 50 wing panels per month for this Embraer program.
Client : Israel Aircraft Industries G200
SONACA MONTREAL manufactures up to 110 wing components per month for the Israel Aircraft Industries G150 and G200 programs.
